sexta-feira, 25 de março de 2011

L'Art de Vivre en Entier - Livre Originel (Lien)

http://books.google.com.br/books?id=Vb3j-6wuz1cC&printsec=frontcover&dq=maria+saboya&source=bl&ots=KW6zQro1n_&sig=q1iId4z776CMwNDUBtVnZ2bQSn0&hl=pt-BR&ei=G0hoTZ2iNY7EgAemsoTLCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCIQ6AEwATgK#v=onepage&q&f=false

Le Merveilleux Secret de Pâques


Le Merveilleux Secret de Pâques
Illustrations par
 Patricia José de Medeiros

Le Merveilleux Secret de Pâques

Maria Saboya

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Résumé de Le Merveilleux Secret de Pâques

L'auteur, s'inspirant des symboles classiques de notre tradition, nous livre, dans un langage simple et accessible à tous les enfants, un joli conte philosophique, spirituel et initiatique. L'assimilation entre l'œuf de Pâques et la pierre philosophale des alchimistes se traduit, ici, par la recherche d'une ancienne formule secrète qui permettrait de confectionner, non pas des œufs ordinaires, mais des œufs extraordinaires, capables de transmettre le don d'immortalité. Lucius, le lapin laborantin et son assistant, le vieux bibliothécaire Michel, s'appliquent à cette découverte...

L'innocence du réel - Maria Saboya

L’innocence du réel
Maria  Saboya   

Pour Maria Saboya, l’éveil décisif remonte à sa plus tendre enfance. Plus tard, vers l’âge de 16 ans, elle découvre son amour pour la musique et commence sa recherche spirituelle qui lui fera prendre connaissance des grandes religions mais aussi des enseignements de Ramakrishna, Sainte Thérèse d’Avila, J. Krishnamurti autant que de la pensée de C.G. Jung.

Je me suis éveillée à l’âge de 5 ans. Ce fut à la suite d’un épisode de ma vie, d’apparence tout à fait banale mais qui, chez moi, déclencha une terrible secousse.
Ma grand-mère était une artiste peintre distinguée qui s’intéressa particulièrement à mon éducation artistique. C’est elle qui me guida vers la musique et c’est encore elle qui me poussa à faire un dessin et à l’envoyer au Concours Walt Disney. Quelques mois plus tard, j’appris que j’avais été reçue première pour mon dessin qui, apparemment, était extraordinaire et révélait une grande maturité.
Dans le petit monde de mon enfance, je crois que je n’avais pas encore pris conscience d’exister. Je vivais, tout simplement, dans ma réalité enfantine. Un jour, ma mère m’a endimanchée et accompagnée à la rédaction d’un journal important de Rio, ma ville natale. C’était pour recevoir mon prix et les compliments des organisateurs.
Une fois arrivées au journal, nous avons été entraînées dans une espèce de tourbillon. On me questionna, on me fit des compliments, on vint me regarder de près, on m’assaillit de partout.
Le lendemain, je vis ma propre photo dans les journaux et mon nom imprimé en grand sur la première page. Le soir on fit une grande fête à la maison pour célébrer mon succès. Il y eut beaucoup d’amis et de gens de la famille. On mangea, on but, on rit bruyamment.
A un certain moment, j’ai eu un intense désir de sortir, de m’évader de tout cela. Je suis allée au jardin. La nuit était déjà tombée, et des étoiles très brillantes scintillaient dans la profondeur de ce ciel tropical. Le silence extérieur m’a enveloppée de calme et m’a apaisée. Je me suis assise dans un coin ombrageux et me suis laissée aller dans la contemplation des étoiles. La beauté de la nuit était immesurable et je me suis perdue dans sa contemplation.
Plus tard, de retour à la maison, le fait de me sentir étrangère à tout ce qui se passait dans la maison m’a choquée. Je regardais mes propres parents comme des étrangers, des inconnus.
Ce choc m’a fait découvrir la différence entre le faux et le réel, puisque l’exagération du sensationnalisme journalistique était si criante, si aberrante, que ma sensibilité enfantine n’avait pu manquer de s’en rendre compte.
L’enfance se berce dans l’innocence du réel.
En même temps, je découvris une profondeur en moi, un sentiment d’intégrité dont je n’avais pas conscience auparavant. J’ai eu l’impression que mon être entier criait « Non ! » à ce tourbillon des voix qu s’étaient élevées pour fêter nuisiblement, avec une joie démesurée et absurde, mon premier prix de dessin. Pourquoi fêter tellement un petit dessin ? Tout cela me laissait voir l’irrationalité d’une société que je venais juste de découvrir. Mon esprit a été profondément marqué par cette expérience qui m’a façonnée.
Maria Saboya, L’art de vivre en entier, Les Deux Océans, 1999, pp. 9-10.

Morceaux choisis - Maria Saboya

lundi 12 janvier 2009

Morceaux choisis - Maria Saboya


La différentiation crée l'illusion du moi séparé qui se croit unique, le fruit exclusif de son histoire. Cette illusion conditionne la conscience donnant naissance à la pluralité et au conflit.La conscience unifiée, c'est-à-dire la conscience de l'« un » non différencié, ne se laisse pas attraper dans les limites du moi séparé et des illusions d'un temps présent unique. C'est la conscience conditionnée du moi séparé qui croit à la souveraineté du temps présent unique : c'est elle qui crée l'avenir et se laisse cloisonner derrière les murs de sa propre limitation. Cette conscience crée la confusion tout en croyant qu'elle possède la Vérité.
La conscience unifiée est la seule qui peut comprendre absolument la réalité. La conscience qui s'est unifiée intérieurement est aussi unifiée extérieurement. Elle n'est plus, donc, dans un état de conflit. D'autre part, l'unification intérieure donne naissance à une réelle indépendance ; elle représente le début de l'existence individuelle authentique, puisque libérée de toute influence.Cette unification se fait de soi, sans l'intervention de la volonté consciente. Son arrivée à l'existence est la conséquence directe de la compréhension claire et nette de l'unité de la vie.
La conscience de « l'un » c'est l'union parfaite dans la séparation, c'est l'union parfaite dans la différenciation, c'est la vraie entente. On peut l'appeler « amour » si on veut, puisque c'est le partage intérieur de la vision de la réalité au même niveau et avec la même intensité.On peut l'exprimer de cette manière : « Je suis toi et tu es moi, et pourtant, j'ai ma propre conscience et toi la tienne ». Le « un » s'est multiplié tout en restant « un », soi-même, toujours.

Le moi est une particule de la vie, un fragment de la totalité qui se considère comme le centre de l'existence. Il est fragment de temps qui se confond avec la totalité de l'existence. Cette question est de la plus grande importance, car sa réponse peut nous conduire vers la libération. Elle peut promouvoir l'éclosion de l'ouverture par laquelle on peut, enfin, entrer en contact avec une réalité non temporelle.

Continuons donc cet examen. L'esprit du fragment X (le « moi » si l'on veut), qui s'est constitué comme centre de l'existence et qui s'est identifié à ce fragment dans le temps et dans l'espace, a peur de disparaître. Il croit que la fin du fragment correspond à la fin de la vie, à sa propre mort. Comme personne ne veut mourir, son investigation est bloquée et se termine là. Il choisit de s'attacher à une croyance extérieure à lui et sa recherche est archivée. Il s'arrête avant d'arriver au but.

Cependant, la fin du fragment n'est que la fin d'une image. L'esprit voit l'image du corps, s'identifie avec cette image unique, avec l'histoire particulière de cette image dans le temps et dans l'espace et croit vraiment qu'il est l'image qu'il s'est fait de lui-même.
Dominé par cette croyance, le seul moyen pour lui de se libérer de la prison dans laquelle il s'est enfermé, sera par le démantèlement des murs de sa cellule. Le fragment de vie centralisé autour de lui-même s'est constitué prisonnier. Il lui reste, donc, à sortir de cette enclave. Mais cette œuvre monumentale n'est pas facile puisqu'elle demande énormément de courage et l'application totale de l'être jour après jour.


Extraits de « L'Art de vivre en entier » - Maria Saboya

L'Eveil Impersonnel

• L'enfance se berce dans l'innocence du réel - Maria Saboya

L'enfance se berce dans l'innocence du réel
Maria Saboya

Chacun de nous est un centre de vie, d'énergie et d'action. Ce centre de vie toujours en contact avec l'univers qui l'entoure réagit constamment. Quand il y a fragmentation à l'intérieur de ce centre, les réponses au monde extérieur sont marquées par la tension et le conflit, et les réponses au mouvement intérieur, qui s'expriment à travers la pensée et les émotions, sont caractérisées par l'incohérence et l'angoisse. La recherche de l'unité intérieure est une priorité majeure dans la vie de chacun. L'Art de Vivre en Entiermontre que le don total de soi à la vérité, l'exclusion du faux de notre vie, provoque en nous une mutation qui nous permet de découvrir une qualité d'action nouvelle, libre de confusion, de violence et de souffrance.
Je me suis éveillée à l'âge de cinq ans. Ce fut à la suite d'un épisode de ma vie, d'apparence tout à fait banale mais qui, chez moi, déclencha une terrible secousse. 
Ma grand-mère était une artiste peintre distinguée qui s'intéressa particulièrement à mon éducation artistique. C'est elle qui me guida vers la musique et c'est encore elle qui me poussa à faire un dessin et à l'envoyer au Concours Walt Disney. Quelques mois plus tard, j'appris que j'avais été reçue première pour mon dessin qui, apparemment, était extraordinaire et révélait une grande maturité.
 
Dans le petit monde de mon enfance, je crois que je n'avais pas encore pris conscience d'exister. Je vivais, tout simplement, dans ma réalité enfantine.
 Un jour, ma mère m'a endimanchée et accompagnée à la rédaction d'un journal important de Rio, ma ville natale. C'était pour recevoir mon prix et les compliments des organisateurs. 

Une fois arrivées au journal, nous avons été entraînées dans une espèce de tourbillon. On me questionna, on me fit des compliments, on vint me regarder de près, on m'assaillit de partout.
Le lendemain, je vis ma propre photo dans les journaux et mon nom imprimé en grand sur la première page. Le soir on fit une grande fête à la maison pour célébrer mon succès. Il y eut beaucoup d'amis et de gens de la famille. On mangea, on but, on rit bruyamment. 
À un certain moment, j'ai eu un intense désir de sortir, de m'évader de tout cela. Je suis allée au jardin. La nuit était déjà tombée, et des étoiles très brillantes scintillaient dans la profondeur de ce ciel tropical. Le silence extérieur m'a enveloppée de calme et m'a apaisée. Je me suis assise dans un coin ombrageux et me suis laissée aller dans la contemplation des étoiles.
La beauté de la nuit était immesurable et je me suis perdue dans sa contemplation.
 
Plus tard, de retour à la maison, le fait de me sentir étrangère à tout ce qui se passait dans la maison m'a choquée. Je regardais mes propres parents comme des étrangers, des inconnus.

Ce choc m'a fait découvrir la différence entre le faux et le réel, puisque l'exagération du sensationnalisme journalistique était si criante, si aberrante, que ma sensibilité enfantine n'avait pu manquer de s'en rendre compte. 
L'enfance se berce dans l'innocence du réel.
 

En même temps, je découvris une profondeur en moi, un sentiment d'intégrité dont je n'avais pas conscience auparavant. J'ai eu l'impression que mon être entier criait « Non !» à ce tourbillon des voix qui s'étaient élevées pour fêter nuisiblement, avec une joie démesurée et absurde, mon premier prix de dessin.
Pourquoi fêter tellement un petit dessin ? Tout cela me laissait voir l'irrationalité d'une société que je venais juste de découvrir. Mon esprit a été profondément marqué par cette expérience qui m'a façonnée.


Je suis devenue une enfant réfléchie et solitaire, qui trouvait dans la solitude un contact véritable avec son être et qui fuyait l'artificialité des compliments banals et des valeurs exagérées de la société, bien qu'elle aimât le contact humain et ne désirait pas s'isoler. La vie d'ermite ne m'a jamais attirée. J'alternais plutôt entre les contacts humains et la solitude, cette dernière signifiant pour moi « un retour aux sources » après chaque contact mondain. 
Depuis mon enfance, donc, je suis engagée dans une passionnante recherche pour comprendre le sens le plus profond et spirituel de la vie. Vers l'âge de seize ans j'ai découvert mon amour de la musique, et je ne l'ai plus quittée. La musique exprime la profondeur des plus véritables sentiments intérieurs et la vision de la beauté spirituelle.
 
Vers le même âge j'ai commencé, aussi, ma recherche « religieuse » qui devait me pousser à éveiller en moi ce que j'avais de plus important à exprimer, mon amour de la vérité, et mon adoration devant la vie. Cela ne m'a pas empêché de vivre une vie normale, c'est-à-dire de me marier, avoir des enfants, exercer une profession, etc. La Vie est une totalité sans déchirement ; et tous ses aspects sont « sacrés » et parfaitement intégrés, si nous ne vivons pas dans un état de conflit intérieur.
 
Ma recherche spirituelle m'a permis de prendre connaissance de plusieurs religions (christianisme, bouddhisme, zen, etc.), de rentrer en contact avec la vie et les enseignements de Ramakrishna, Sainte Thérèse d'Avila, Krishnamurti, etc. Je me suis également intéressée à la psychanalyse et me suis penchée sérieusement sur la pensée de C. G. Jung.
 
Mais après tout cela, je vois que c'est la démarche personnelle, la passion qui existe en nous-mêmes qui nous pousse à aller de plus en plus loin vers notre propre coeur, notre propre essence intérieure ; c'est cette énergie qui vient de nous-mêmes qui nous achemine vers notre libération, notre « épanouissement en tant qu'individu, vers cet état extraordinaire que l'on peut appeler « l'état créateur ». Ce « fonds merveilleux » c'est l'amour, et cet amour qui ne connaît pas de barrières, ne peut s'exprimer complètement à travers l'être humain qu'au moment où toutes considérations d'ordre personnel, sans importance, disparaissent.
 

La vérité est dans la vie de chacun, pas dans celle d'un autre. Chaque vie a une vérité. Autant d'êtres humains, autant de vérités ! La religion n'est pas un modèle, une formule, un chemin vers quelque chose d'établi d'avance.
 La religion est plutôt l'expérience religieuse de chacun dans sa propre existence. La vie est cette profondeur extraordinaire qui donne à chacun la fonction de créateur de son propre destin, de son histoire, de sa rencontre personnelle avec la totalité. Que votre vie soit un trésor précieux, et toute l'humanité sera enrichie ! La vérité est en vous, dans vos sentiments et vos actes, à chaque instant de votre vie. 
La beauté de la vie, la grandeur de la vie sont là, dans votre angoisse, votre peur, votre condition, et votre désir de vous libérer. C'est dans votre marche pénible dans la rue, l'esclavage d'un travail mal récompensé, la solitude, le manque d'affection, ou la joie, le plaisir. Dans tout cela se trouve la valeur intrinsèque et extraordinaire de l'existence. Vous ne pouvez pas vivre la vie à la place d'un autre. Que vous soyez simple couturière ou mathématicien de génie, ne vous comparez pas aux autres.


La vie est la même pour tous, et son degré d'importance est exactement identique partout. La vie de laquelle on parle est la vôtre - la seule à laquelle vous ayez accès, la seule que vous touchiez vraiment. Si vous la vivez avec ardeur, connaissant sa valeur infinie et vous donnant à elle entièrement, votre existence sera le miroir de la beauté et du vrai sens de la vie. Ce sens n'est autre que cela : vivre sa vie avec passion et sincérité, en se donnant complètement.
L'ART DE VIVRE EN ENTIER de Maria Saboya - Éditions Les Deux Océans.
Ce recueil exprime des moments de repos, de calme, au milieu de la rue, dans un train, dans une bibliothèque ou dans un magasin lorsque je fais des courses ; ce sont des coupures au beau milieu de la turbulence d’une vie humaine normale dans le monde d’aujourd’hui, la vie d’une mère de famille qui travaille. À force de regarder le monde autour de soi et sa propre conscience avec un œil toujours éveillé et interrogateur, le cerveau apprend à fonctionner dans un mouvement profond et calme, et l’esprit ne se laisse pas prendre dans le mouvement de confusion qui nous entoure la plupart du temps. 

Ce ralentissement produit les conditions nécessaires à la compréhension profonde des choses, et la vision se fait d’une manière spontanée et synthétique. On ne peut pas fabriquer ces perceptions à volonté et se dire : maintenant je vais m’asseoir, prendre le crayon et écrire des mots de sagesse. On ne peut s’asseoir et écrire que quand la sagesse s’est déjà exprimée, ou est en train de le faire. Pour cette raison, on porte toujours sur soi un calepin et un crayon. La création est toujours une chose précieuse, et rapide comme le vol d’un oiseau. Si le cerveau n’est pas éveillé pour la suivre à sa vitesse même, il est trop tard, puisque l’oiseau est déjà parti, lointain.
 
La création n’a pas d’heure fixe, mais étant inépuisable et si on n’est pas prêt pour la recevoir sur le moment, elle revient plus tard et ainsi de suite. C’est que la création possède un cœur immense, et son but est de donner à l’infini.